L'initiation Eudiaque
Extrait du livre "Initiation Eudiaque," Editions Academia Platonica, Bibliothèque eudiaque
Le processus initiatique
L’initiation
Nous ne pouvons ici dévoiler complètement les arcanes de cette cérémonie. Toutefois, avec la discrétion que s’imposent les initiés, nous pouvons en dire quelques mots d’ordre général à propos de la cérémonie du premier degré.
Cette initiation comporte des rites répondant aux deux nécessités auxquelles est confronté le nouvel initié : se purifier des éléments intérieurs qui entravent son perfectionnement et recevoir les pouvoirs attachés à sa nouvelle fonction.
C’est au cours de l’initiation qu’intervient toute la puissance des gestes rituels. Dans toute pratique spirituelle digne de ce nom, les gestes et les paroles qui les accompagnent sont choisis avec le plus grand soin. Chaque geste initiatique est porteur de significations, tantôt apparentes, tantôt cachées, qui correspondent à une action produisant de profondes répercussions dans la personnalité de l’initié.
Le geste, réalisation de la pensée et manifestation de l’émotion humaine, est un créateur de vibrations et de rythmes. C’est pourquoi il revêt une telle importance dans tous les rituels. Il suffit d’observer la vie pour comprendre combien un geste peut révéler ce que la parole ne saurait exprimer. Un poing tendu, même de loin, contre celui qui a insulté un être incapable de se défendre, constitue une malédiction dont bien peu de personnes, conscientes de la puissance des pensées, se montreraient insoucieuses. Car certains gestes matérialisent des pensées de haine et de vengeance, et il serait absurde, sachant ce que nous savons, d’imaginer que de telles pensées ne trouvent d’écho nulle part.
De même, il est des gestes d’une infinie tendresse qui portent en eux tout le cœur et toute l’affection de ceux qui les accomplissent. Regardez une mère soulever délicatement le léger rideau qui protège le sommeil de son enfant. Elle s’assure que rien ne trouble son repos et, avant de laisser retomber le voile de tulle ou de dentelle, elle porte un doigt à ses lèvres. C’est à la fois un baiser et le signe du silence. C’est surtout une bénédiction suprême, le témoignage que ce rideau qui se referme est comme une aile que la mère étend sur un être qui est plus que sa propre vie, la fleur épanouie de son cœur. Il n’en faut pas davantage pour comprendre.
Il est des gestes d’accueil, des gestes de dépit, des gestes de chagrin, des gestes de joie. Il est des mains qui se lèvent vers le ciel pour le prendre à témoin, et dont la pensée est aussi expressive que « la voix du sang qui crie vengeance ». Il est des mains qui saluent, projetant vers le nouveau venu toute la joie lumineuse que procure sa présence. Il est des gestes d’appel et des gestes de protection. C’est de ces gestes, unis aux pensées qui les animent, que sont constitués tous les rituels et toutes les danses, à l’époque où celles-ci étaient encore des mouvements sacrés, expression des rythmes éternels.
Les gestes rituels de l’initiation du sômatiste comportent notamment un geste de purification et un geste de transmission des pouvoirs. En effet, l’influx vital que le sômatiste reçoit afin de le transmettre aux malades qui lui seront confiés ne peut descendre que dans des mains parfaitement pures. Il ne nous est pas permis de nous étendre davantage, dans cet ouvrage, sur cette partie du rituel, qui demeure l’apanage exclusif des initiés ayant atteint ou dépassé ce degré.
Lorsque le sômatiste reçoit cette transmission de puissance, il devient pleinement l’un des initiés. Selon les possibilités ouvertes par son degré, il peut recevoir les forces supérieures relatives à la connaissance et à l’application des agents naturels. Il peut également transmettre ces forces à ceux qui en ont besoin en raison des affections corporelles dont ils souffrent. Il le peut dans une mesure qui dépasse considérablement ce que permet la seule pratique du magnétisme.
Certaines méthodes énergétiques contemporaines, notamment celles inspirées des traditions orientales comme le Reiki, recherchent aujourd’hui des effets comparables. La tradition eudiaque considère cependant que ces principes sont transmis depuis l’ancienne Égypte et qu’ils se perpétuent au sein de son enseignement initiatique. Selon cette tradition, la profondeur de la transmission dépend avant tout de la préparation de l’initié, de la qualité de l’initiation reçue et de la continuité de la chaîne initiatique.
Et cela est tout naturel. En effet, le magnétiseur, même parfaitement formé à son art, agit principalement par ses propres fluides. Notre initié, même au premier degré mineur, s’appuie sur deux forces qui lui sont extérieures et qui viennent multiplier son propre rayonnement.
En premier lieu, il entre en relation avec les forces supérieures que notre initiation, comme toutes les grandes traditions initiatiques, permet d’invoquer utilement. Cette communion avec l’invisible confère à l’initié des radiations plus puissantes que celles de toute force purement humaine, parce qu’elles sont puisées dans les plus hautes vibrations qu’il soit donné à l’humanité de percevoir.
En second lieu, le sômatiste s’appuie sur la force collective qu’il forme avec l’ensemble de ses sœurs et de ses frères. Nous avons déjà souvent évoqué les forces collectives, de sorte que cette idée n’aura rien de nouveau pour nos lecteurs. Ils savent que tout groupement vivant engendre une personnalité collective qui en constitue l’âme et que la tradition désigne sous le nom d’égrégore.
Cet égrégore assiste chacun de ses membres. Relativement autonome, il ne refuse jamais son aide à un initié, pourvu que celui-ci n’agisse pas en contradiction avec la destinée du groupe. Dans le cas contraire, cette même force pourrait se retourner contre le renégat et devenir pour lui une cause d’achoppement d’autant plus grave que sa propre force et sa propre âme demeurent unies à celles du groupe.
C’est dans cet esprit que l’initiateur, après avoir conféré au sômatiste l’investiture de son degré, fait accomplir au groupe des nouveaux initiés une pratique destinée à les unir à la pensée et au sentiment de tous ceux qui les ont précédés sur la voie et qui demeurent prêts à les soutenir fraternellement.
Ainsi, anciens et nouveaux reconstituent la chaîne d’or des initiés. Appuyés les uns sur les autres, ils prêtent un serment d’amitié fraternelle et promettent de ne former qu’un seul cœur et une seule âme. C’est à cette condition que peut naître cette âme collective grâce à laquelle leur pouvoir devient l’expression d’une force commune, où chacun apporte sa part et où les plus forts soutiennent les plus faibles dans toutes les circonstances de la vie.
Avant de se séparer, les sômatistes reçoivent un insigne qui les distingue des eudiastes des autres degrés.
Il est enfin des paroles prononcées lors de la réception du sômatiste qui ne peuvent être révélées publiquement et qui appartiennent à cette partie de l’enseignement. Le silence, un doigt posé sur les lèvres comme le divin Harpocrate, se tient au seuil du sanctuaire pour en préserver le secret.
Ce secret, cet enseignement ésotérique qui constitue le privilège du sômatiste, n’a d’autre but que de le conduire toujours plus avant sur la voie initiatique, vers des travaux plus exigeants et des pouvoirs plus étendus.
Et tous ces travaux, tous ces pouvoirs acquis, le sômatiste, comme les initiés des degrés supérieurs, ne doit les employer que pour le bien de tous. Pur, humble, offrant le même secours au riche qu’au plus démuni, il vit pour procurer au monde les biens qui lui manquent le plus : une vie saine et forte, la paix, l’Amour, la Sérénité — Eudia.